Le « E » dans « ESG » : les raisons pour lesquelles de plus en plus d'investisseurs prennent en compte les critères environnementaux dans la gestion de leur portefeuille

Ces derniers temps, on entend souvent parler des concepts d'« investissement ESG » et d'« évaluation ESG » en raison de l'intérêt grandissant porté à l'investissement responsable. Le sigle « ESG » signifie « environnemental, social et de gouvernance », et représente un éventail d'enjeux pouvant avoir une incidence, positive ou négative, sur le rendement d'une entreprise et la valeur actionnariale.

De nombreux investisseurs, dont une grande partie est composée de gestionnaires de portefeuille institutionnels, évaluent la performance ESG des entreprises, en plus des données financières plus traditionnelles, dans le cadre de leur stratégie de constitution de portefeuille. Un récent rapport indique que des actifs totalisant 22,9 billions de dollars des États-Unis sont actuellement gérés par des professionnels aux quatre coins de la planète, selon des stratégies d'investissement responsable. Ce montant représente 26 % de tous les actifs mondiaux gérés par des professionnels1. Les investisseurs considèrent qu'une bonne performance ESG est un signe fort d'une gestion de portefeuille de haute qualité.

Le présent article est le premier d'une série de trois articles se penchant sur chacun des composants du sigle « ESG », et il porte sur les facteurs environnementaux. Les facteurs sociaux et de gouvernance seront abordés dans les articles à venir.

Protéger tant la planète que les profits

Lorsque les investisseurs évaluent les critères environnementaux, ils s'intéressent au rendement d'une entreprise en tant que protectrice du milieu naturel, tant dans le cadre de ses opérations directes que tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Les changements climatiques, l'augmentation du degré de pollution et l'épuisement croissant des ressources naturelles, comme l'eau douce et les forêts, constituent des préoccupations majeures dans notre société actuelle, et ces enjeux représentent des risques concrets (et des occasions) pour de nombreuses entreprises.

Un nombre croissant de données probantes indique que les entreprises qui adoptent des principes de développement durable obtiennent un meilleur rendement financier que les autres. En 2014, CDP, l'un des principaux fournisseurs en recherche sur le climat pour les investisseurs, a réalisé un sondage auprès des entreprises du S&P 500 afin d'évaluer leur degré d'intégration de pratiques de gestion du risque relatif aux changements climatiques dans leur planification stratégique, leur prise de mesures pour réduire leurs émissions, et leur démonstration d'une vision à long terme de gestion exemplaire des actifs des actionnaires. Le taux de réponse au sondage était de 70 %. L'analyse des résultats a révélé que les entreprises se trouvant dans le premier quartile généraient une rentabilité supérieure, avec un rendement des capitaux propres 18 % plus élevé que leurs pairs moins performants, et 67 % plus élevé que celui des entreprises n'ayant pas répondu au sondage. Les entreprises les plus performantes présentaient également une volatilité des gains plus faible, ainsi qu'une croissance des dividendes plus élevée2.

Inclure ou exclure des entreprises selon leur performance environnementale

Les investisseurs qui s'intéressent à la performance ESG effectuent un filtrage positif et un filtrage négatif pour inclure ou exclure des entreprises de leurs portefeuilles.

Le filtrage négatif peut être utilisé pour éliminer des entreprises adoptant des politiques et des pratiques environnementales qui les exposent à un niveau de risque inacceptable. Les entreprises qui ne prennent pas les mesures appropriées pour freiner la pollution ou pour éviter les accidents écologiques s'exposent à des risques de sanctions gouvernementales ou réglementaires, de poursuite au criminel et d'atteinte à la réputation qui peuvent nuire à la valeur actionnariale. Par conséquent, les entreprises qui ne parviennent pas à planifier adéquatement l'incidence à long terme des changements climatiques peuvent s'avérer moins rentables.

Le filtrage positif est utilisé pour trouver les entreprises les plus performantes en tenant compte de facteurs tels que la réduction de la consommation d'énergie et des émissions de gaz à effet de serre, la réduction d'autres formes de gaspillage, la protection des habitats naturels, ainsi que la recherche d'occasions d'affaires afin de contribuer à la résolution des problématiques environnementales.

Prenons l'exemple des entreprises minières, pétrolières ou gazières, dont l'exploitation nécessite une grande quantité d'énergie et qui déversent des produits chimiques et des polluants nocifs pour l'environnement. Certains investisseurs choisissent d'éviter complètement ce type d'entreprises. D'autres décident parfois d'investir dans celles qui démontrent un engagement sérieux à réduire leur consommation d'énergie et d'eau, à réhabiliter les terrains utilisés pour l'extraction, et à prendre des mesures pour participer à la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

La performance environnementale peut être évaluée dans d'autres secteurs, comme la technologie, les services financiers et la vente au détail. Les Compagnies Loblaw représente bien le secteur canadien de la vente au détail. L'entreprise se classe parmi les plus grandes consommatrices d'énergie au Canada en raison de l'ampleur de son réseau de magasins et de son parc de camions. Loblaw a mis en place une stratégie visant à réduire son empreinte carbone de 20 % d'ici 2020 et de 30 % d'ici 20303. Son plan d'action vise à rendre ses magasins et ses centres de distribution écoénergétiques, à se doter de camions qui consomment moins de carburant, et à mieux gérer les fuites provenant de ses gaz réfrigérants de même que le réacheminement de ses matières résiduelles organiques. Par exemple, l'entreprise a converti un certain nombre de ses groupes frigorifiques ouverts en groupes frigorifiques fermés, ce qui lui a permis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et sa consommation d'énergie et, par conséquent, de réduire ses coûts.

Loblaw est l'une des entreprises faisant partie des fonds de placement et des portefeuilles responsables de l'entreprise sœur d'Investisseur Qtrade, Placements OceanRock Inc., qui a plus de 15 ans d'expérience dans l'évaluation de la performance ESG des entreprises pour ses Fonds d'investissement socialement responsable Meritas. Placements OceanRock Inc. collabore également de façon proactive avec des entreprises comme Loblaw pour les encourager à gérer les risques ESG.

« Nous observons que, lorsque les entreprises génèrent des gains écologiques, la valeur actionnariale y gagne également », affirme Fred Pinto, chef de la direction d'OceanRock. « Les entreprises qui gèrent et réduisent efficacement leur impact sur l'environnement sont plus rentables et productives. Celles qui appliquent des politiques et des pratiques environnementales solides sont également moins susceptibles de subir des conséquences pouvant nuire à la valeur actionnariale. »

Ressources pour les investisseurs

Si vous souhaitez découvrir les entreprises qui sont considérées comme des chefs de file en matière de performance environnementale, voici quelques ressources à consulter :

 

  1. Global Sustainable Investment Alliance. "2016 Global Sustainable Investment Review."
  2. CDP. "Climate action and profitability: CDP S&P 500 Climate Change Report 2014."
  3. Les Compagnies Loblaw limitée. « Loblaw s'engage à réduire ses émissions de carbone de 30 % d'ici 2030 »