Vous découvrez les options? Voici une stratégie à étudier

Dans leur chasse au rendement, certains investisseurs se servent des options d'achat couvertes pour faire grimper les revenus de leur portefeuille.

En accumulant des connaissances et de l'expérience dans le domaine des placements, vous pourriez vous intéresser aux opérations sur options. L'option est un type d'instrument dérivé : un contrat financier qui dérive sa valeur d'un actif sous-jacent. De son côté, l'opération sur option couvre un plus vaste spectre de stratégies, toutes intrinsèquement spéculatives. Il faut donc prendre le temps de bien en comprendre les risques avant d'y plonger.

L'option d'achat couverte, considérée comme une stratégie conservatrice, représente une porte d'entrée courante dans l'univers des opérations sur options. En effet, elles vous permettent d'encaisser des fonds à l'avance sur des actions qui vous appartiennent déjà, lorsque vous estimez peu probable que leur cours augmente de façon significative dans l'avenir. Cette stratégie consiste à « émettre » une option, puis à la vendre à un autre investisseur pour un prix donné, qu'on appelle « prime ». L'option donne à l'acheteur le droit d'acheter les actions avant une certaine date et à un certain prix, le « prix d'exercice ».

Une option d'achat couverte est souvent vendue par multiples de 100 actions (une option d'achat équivaut au droit d'acheter 100 actions), en plus d'être habituellement disponible pour les actions à grande capitalisation plutôt que pour celles cotées en cents. Pour le vendeur de l'option d'achat couverte, l'avantage réside dans la collecte de la prime payée par l'acheteur. Chaque option d'achat comporte sa propre prime, qui dépend du cours actuel des actions, de sa volatilité et de la date d'expiration de l'option (la plupart du temps, plus le délai s'étire, plus la prime augmente).

En revanche, l'inconvénient pour le vendeur, c'est que si les actions atteignent ou dépassent le prix d'exercice, l'acheteur se réservera sûrement le droit d'acheter celles-ci audit prix d'exercice. Dans cette situation, le vendeur se prive du gain additionnel, qui aurait pu s'avérer plus important que le produit de la vente de l'option d'achat. En somme, le gain potentiel du vendeur plafonne au prix d'exercice, alors que celui de l'acheteur est illimité. Dans la réalité, bien des options d'achat ne sont pas exercées, ce qui signifie que les investisseurs peuvent récolter une somme à la vente de l'option sans avoir à vendre les actions elles-mêmes.

Bien utilisées, c'est-à-dire en compensant les pertes dans un marché à la baisse, les options d'achat couvertes peuvent aider les investisseurs à engranger des revenus pour augmenter leurs bénéfices et réduire la volatilité dans leur portefeuille.

Prenons un exemple : un investisseur achète une action pour 100 $ et émet une option à un prix d'exercice de 120 $ (pour simplifier les choses, nous tenons ici pour acquis que l'option représente le droit d'acheter une action, plutôt que 100, comme ce serait le cas en réalité). Si le prix de l'action excède le prix d'exercice et que l'option d'achat est exercée, l'investisseur obtient un gain en capital de 20 $ plus une prime, disons de 5 $.

Si l'action demeure sous le prix d'exercice et que l'option n'est pas exercée avant son expiration, l'investisseur empoche la prime de 5 $ et conserve l'action. Enfin, si l'action chute à 90 $, l'investisseur perd 10 $, mais obtient néanmoins la prime de 5 $, ce qui atténue la perte. Toutefois, attention : le prix de toute action peut rapidement dégringoler, et ce, même jusqu'à 0 $. Si l'action semble tirer vers le bas et que le vendeur n'a pas d'approbation pour la vente d'options d'achat découvertes, celui-ci doit d'abord racheter l'option s'il souhaite vendre l'action.

N'oubliez pas que dans la vraie vie, il faut verser des commissions sur les opérations. Ce n'est pas à négliger. Il est aussi possible qu'une option soit exercée peu après son émission. Bien qu'il obtienne rapidement un gain en capital et une prime, le vendeur peut passer à côté de dividendes versés avant la date d'expiration initiale de l'option.

L'option d'achat couverte n'est pas une stratégie d'investisseur débutant; son recours nécessite un niveau adéquat de connaissance et d'expérience. Ainsi, votre service de courtage doit approuver votre demande d'utilisation de cette stratégie d'options. La plupart des demandes pour la vente d'options d'achat couvertes sont approuvées en ce qui concerne les comptes enregistrés ou les comptes sur marge (même si la stratégie ne comporte aucune marge). L'investisseur qui demande un recours aux stratégies d'options sophistiquées, comme la vente d'options découvertes et les écarts, doit démontrer un niveau bien plus élevé de maîtrise en matière de placements.

Pour celui qui veut adopter la stratégie tout en déléguant la tâche à d'autres, il existe quelques fonds négociés en bourse (FNB) incluant la vente d'options d'achat couvertes dans leur mandat, notamment le FNB PowerShares S&P 500 BuyWrite Portfolio et le FNB Horizons S&P 500 Covered Call. Tout investisseur doit savoir que ces FNB ont souvent un taux de rotation plus élevé que les fonds indiciels traditionnels, s'exprimant parfois par une hausse des ratios de frais de gestion.

Les vendeurs d'options d'achat couvertes peuvent s'appuyer sur de nombreuses ressources en ligne, dont des outils de calcul des prix, de recherche et de négociation. La Bourse de Montréal, qui se consacre aux instruments dérivés de négociation, possède de bonnes ressources éducatives à leur sujet, notamment en ce qui concerne les options d'achat couvertes.

Ce contenu existe uniquement à des fins éducatives et ne constitue pas une recommandation d'achat ou de vente. Les opérations sur options comportent un degré de risque très élevé. Les acheteurs et les vendeurs d'options devraient se familiariser avec le type d'option (p. ex., de vente ou d'achat) qu'ils envisagent de négocier et les risques qui y sont associés.